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25 août 1944

Situé à 10 km de Sainte-Maure-de-Touraine, le village de Maillé à été profondément marqué par la seconde guerre mondiale, qui en fit un village martyr par le massacre du 25 août 1944.

Contexte historique

Depuis juin 1940, l'armée allemande occupe Maillé et le camp militaire voisin de Nouâtre. Les officiers logent chez l'habitant et dans des baraquements installés dans le bourg. Maillé compte 627 habitants dont 241 habitent le bourg.

88 réfugiés se sont ajoutés à la population, dont 34 jeunes réfractaires au STO.

En été 1944, la libération est proche et la résistance s'active dans la région. Par trois fois déjà, des résistants ont fait sauter la voie de chemin de fer, dont deux fois en pleine gare de Maillé. Si ces incidents ont pu irriter l'occupant, ce qui déclenche le massacre, c'est l'attaque d'une patrouille allemande par les FFI, dans la commune.

Le 24 août, aux alentours de 19h00, un camion des résistants muni d'un fusil-mitrailleur fait irruption dans une ferme du hameau de Nimbré pour se ravitailler. Au même moment, deux voitures de l'armée allemande remplies de soldats et d'officiers, passent en trombe devant la ferme. L'occasion semble peut-être trop bonne pour les résistants. Ils attaquent les deux voitures allemandes. La fusillade dure 3/4 d'heure. Il y aurait des blessés voire des morts du côté allemand.

Dans la nuit de 24 au 25 août, le responsable allemand de Sainte-Maure, le sous lieutenant Schlüter rend compte au commandant de Tours de cette fusillade. Des ordres de représailles sont alors sans doute donnés.

Le massacre

Vers 9 heures, l'aviation alliée bombarde un train militaire stationné dans le village. Le bombardement fini, une division SS venue de Châtellerault se dirige vers le bourg, tandis que le village est encerclé par des soldats de la Wehrmacht du camp de Nouâtre.

Les habitants sont traqués dans les champs, dans les maisons, les jardins, les caves. Ils sont mitraillés, fusillés, certains sont égorgés. Le bétail est abattu lui aussi. Ensuite, ils mettent le feu aux bâtiments.

Après le départ des SS vers midi, Maillé subit des tirs de canon sur les bâtiments qui ne brûlent pas encore : 80 obus tombent sur le bourg.

 

124 victimes sont à déplorer.

La solidarité

Très rapidement, la solidarité pour venir en aide au village détruit s'organise. La préfecture, les communes voisines, des organisations, des particuliers, donnent vivres, vêtements et équipements. En octobre 1944, deux Américains, Kathleen et Girard Hale, parrainent le village et fournissent aux habitants 6 tonnes de vêtements, vaisselle et mobilier. Ils continueront pendant plusieurs années à apporter leur aide aux habitants du village.

La reconstruction

Dés 1945, la reconstruction commence, mais il faudra plus de dix ans pour que le village soit rebâti.

L'oubli

Pendant plus de 50 ans, l'histoire du massacre est restée totalement inconnue et délaissée des autorités régionales et nationales. Le traumatisme des rescapés était trop grand pour qu'ils parlent de leur histoire.

C'est en 1994, à l'occasion d'une exposition par les Archives départementales d'Indre-et-Loire qu'ils prennent conscience de l’importance de faire connaitre leur histoire et fondent l'association "Pour le souvenir de Maillé". Un projet de réalisation d’un lieu de mémoire est avancé.

La maison du souvenir

 

C'est l'actuel maire de Maillé, Bernard Eliaume, qui a mené à bien le projet de la Maison du Souvenir.

Elle sera inaugurée en 2008 par le président de la République.

Elle reçoit 7000 visiteurs par an, dont la moitié de scolaires.

 

 

 

Site de la Maison du Souvenir

"Petit cheval, je ne t'oublie pas."

Nous avons réalisé le montage audiovisuel à partir du témoignage de Jean-Louis Chédozeau, qui avait 5 ans lors du massacre et qui a pu en réchapper avec une partie de sa famille en se cachant dans une cave.

Nous l'avons rencontré au cours d'un salon du livre à l'Ile Bouchard où il présentait ses livres, et plus particulièrement « Mira, Il fera beau…demain », qui raconte le massacre, à travers le souvenir de sa chienne, qui a enduré cette souffrance avec la famille.Nous avons évoqué avec lui un projet de réalisation d'un montage audiovisuel sur "pourquoi on n’a pas parlé du massacre". Il a « accroché » à ce projet immédiatement, et à la première visite, il nous a proposé un texte basé sur le souvenir d’un petit cheval de bois, perdu dans les décombres de l’incendie.

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